Erreur de jeunesse de Manon Gavalda
Gertrude alla dans la salle à manger pour fermer les volets et en profita pour contempler le magnifique paysage. Elle retourna dans la cuisine pour amener le thé au jeune Charles-Edouard Legrand. Gertrude entra dans le petit salon : c’était une pièce aussi confortable qu’élégante, une porte-fenêtre ouvrait sur la terrasse qui donnait directement sur le jardin. A l’intérieur étaient disposées une pendule ancienne, une table bureau et une autre petite table avec un phonographe et des disques ainsi qu’une causeuse. En face, il y avait un confortable fauteuil. Stupéfaite, elle trouva le jeune homme allongé sur la causeuse, tête baissée, tout pâle, les yeux clos ; sa main pendait et touchait le sol, son livre était retourné par terre.
Le sang de Gertrude se glaça, elle commença à trembler de la tête aux pieds et son cœur se mit à palpiter si fort qu’il aurait pu exploser. Elle était figée devant lui, sans pouvoir prononcer un mot et ne savait que faire. Tout à coup, un cri sortit de sa gorge. Affolés par ses hurlements, Rodolphe et Elisabeth Legrand, qui étaient à l’étage, descendirent à toute allure les escaliers.
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