Où les chats passent, les murs s’embrassent de Philippine Aubert

Publié le par PY. & I. Gouiffes

Andréa, épuisée par sa soirée trop arrosée de Champagne, monta les escaliers du Grand Hôtel non sans difficulté… ses longs talons aiguille, à la dernière mode, accrochaient un peu trop souvent le bas de sa robe en soie. L’interrupteur lui sembla bien loin de la porte… quelqu’un avait-il déplacé le bouton dans la nuit ? La migraine qui envahissait son cerveau et la nausée qui lui tordait le ventre lui rappelèrent que les vingt-cinq ans d’Étienne, son ami d’enfance, avaient été fêtés dignement, beaucoup trop près du bar aux alcools ! Porte fermée à clé et lumière tamisée, elle avança, déchaussée, sur le tapis moelleux du salon. La laine lui parut humide et poisseuse et elle grogna contre la femme de chambre qui avait sans doute dû laisser échapper un quelconque reste du déjeuner. Ce fut seulement lorsqu’elle baissa les yeux vers ses pieds qu’elle le découvrit…

Étendu sur le dos, gisant dans une flaque de sang, l’homme aux cheveux grisonnants ne respirait plus. Andréa avala le peu de salive qu’il lui restait dans la bouche, se mordit la lèvre pour ne pas hurler et s’approcha un peu plus près du cadavre. Elle se demanda qui pouvait être cet homme, dans sa chambre…

 

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Publié dans Nouvelles

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