DEUX JOURS À NISSA par Indiana Camilleri

Publié le par H. LACHAMBRE

Après cinq heures de train enfin me voilà à destination, on est le 10 avril 1944 et il est quatorze heures et vingt deux minutes. Je me trouve à la gare de Riquier, place Auguste Blanqui, au même endroit précis d'où je suis partie il y a déjà plus de 20 ans de cela.

Une femme bousculant un homme fait tomber son journal, « NICE-MATIN », il est de dimanche dernier et comporte en supplément la version Femina.

Je continue mon chemin, il faut maintenant que j'aille à la gare du sud, place Gambetta, à l'autre bout de la ville. Je vais y rencontrer ma nouvelle affaire. J'arpente toutes les rues que je connais depuis mon enfance.

Me voilà à la gare du sud, il est maintenant quinze heures et trente cinq minutes. On me conduit dans le wagon où le meurtre a été commis, on me présente ensuite la personne qui me suivra tout au long de mon enquête : M. Martin, un détective de Paris se trouvant dans le wagon pendant le meurtre.

Une femme me bouscule faisant tomber un papier, puis décampe à toute vitesse. Je récupère ce papier sans réfléchir, de façon automatique. Je suis très maniaque. Accompagnée du détective parisien je suis conduite au cadavre.

On avance de wagon en wagon et plus j'avance, plus j'ai la stufia qui m'envahit. Alors M. Martin me demande :

- Est-ce que vous allez bien ?

- Non pas trop, j'ai la stufia qui me monte.

- Excusez-moi, mais qu'est-ce que la stufia ?

- Ah oui c'est vrai, vous êtes de Paris. En fait, la stufia c'est un peu comme l'estresse chez vous !

Il ne me répond pas mais j'ai bien vu à l'expression de son visage qu'il ne comprend pas bien le français que l'on parle à Nissa...


 Vous pourrez bientôt lire la suite dans Des Codes Et Des Crimes, à paraître très prochainement !

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Publié dans Nouvelles

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