Vengeance personnelle de Julien Martinot
Jacques se réveilla soudainement. Il était environ deux heures du matin. Un air glacial envahissait la pièce en passant au travers les fenêtres qu’un bombardement précédent avait brisées. Après plus d’une heure, voyant qu’il n’arrivait pas à se rendormir et qu’il avait toujours aussi froid, Jacques décida de violer le couvre-feu et d’aller faire un tour dans les rues, malgré les risques qu’il encourait.
Il sortit de chez lui et, d’un air un peu rêveur, se mit en marche à travers les ruines. Les murs étaient encore recouverts de la fameuse Affiche rouge qui avait été placardée un mois plus tôt. Il passa devant l’église qui, sous les lueurs de la pleine lune, avait un air lugubre, puis arriva sur le pont du village. Il s’arrêta et se mit à fixer les reflets de la lune dans la rivière qui passait au dessous. Mais qu’était-ce ? Ses yeux venaient de se fixer sur un détail un peu étrange au niveau des berges de la rivière. Il décida de s’approcher pour mieux voir. Il descendit par le côté, traversa l’étendue de roseaux qui s’offrait à lui, écarta les branches d’un buisson et tout à coup… Ses mains se crispèrent : là, à quelques mètres de lui, gisait un corps.
La lune ne faisait qu’accentuer la pâleur de la jeune femme étendue dont les longs cheveux d’un noir de jais flottaient dans l’eau mouvante et dont les yeux turquoise fixaient un point imaginaire. Une expression d’horreur marquait encore son visage…
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